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Un peu de classique #1: La Lettre écarlate (Nathaniel Hawthorne)

Parce que j’aime de temps en temps sortir des polars ou thrillers, un petit retour à des « classiques » est agréable. Cependant, j’ai l’impression (et ça ne concerne peut être que moi) que lorsque l’on lit un classique de la littérature on ressent plus ou moins une pression, une obligation sociale d’aimer ce qui est considéré par la grande majorité des lecteurs comme un incontournable. Je viens de finir la lecture de La lettre écarlate et je vous avoue que je suis mitigée par rapport à ce roman:

lettre_ecarlate

Résumé

La Lettre écarlate, c’est la marque au fer rouge qui désigne la femme adultère dans l’Amérique au puritanisme obsessionnel de l’époque coloniale. Trois personnages: Hester qui vit avec une dignité admirable sa faute et sa solitude. Arthur Dimmesdale, le jeune pasteur dont les élans mystiques soulèvent à Boston l’enthousiasme des fidèles mais qui, ensorcelé par Hester, ne parvient ni à dominer ni à vivre sa sensualité. Chillingworth, le mari, qui pendant des années tourmentera en silence le pasteur jusqu’à la folie et à la mort. Le premier des grands romans américains la clef d’une sensibilité nationale toujours partagée entre la tentation du scandale et le démon de la culpabilité.

Quand la jeune femme, la mère de l’enfant, se trouva pleinement exposée à la vue de la foule, son premier mouvement fut de serrer étroitement le nouveau-né contre elle. Ceci moins par tendresse maternelle que pour dissimuler certaine marque sur sa robe. L’instant d’après, jugeant sagement qu’un des signes de sa honte ne servirait que bien mal à cacher l’autre, elle prit l’enfant sur son bras.  Puis avec une rougeur brûlante et pourtant un sourire hautain, elle leva sur les habitants de la ville le regard de quelqu’un qui n’entend pas se laisser décontenancer. Sur le corsage de sa robe, en belle étoffe écarlate et tout entourée des arabesques fantastiques d’une broderie au fil d’or, apparut la lettre A.

Mon avis

Quand j’ai lu la fin du résumé sur la 4ème de couverture, j’ai ressenti cette pression, obligation de trouver ce livre BIEN. Je me suis dit « le premier des grands romans américains »je me dois obligatoirement d’aimer….. et en fait pas vraiment! Je n’ai pas détesté mais je n’ai pas aimé non plus. Pour être honnête je n’ai fini le roman qu’à la deuxième tentative. La première fois, les 50 pages de prologues m’ont complètement refroidi! Comme je voulais pas rester sur un échec, j’ai retenté la lecture quelques mois plus tard^^! Cette fois j’ai zappé le prologue pour débuter vraiment par l’histoire elle-même.

J’ai eu du mal à me laisser entraîner par le récit et ce n’est qu’à la moitié du livre quand l’auteur indique clairement que le pasteur est le fautif que le rythme a accéléré et que l’on commence à attendre avec impatience la suite. Ce n’est pas un spoiler (promis^^!) dès le début du livre (et d’ailleurs rien qu’en lisant le résumé au dos) on comprend le rôle du pasteur dans l’histoire.

Le livre a été publié en 1850 donc l’époque se ressent sur le style c’est évident. Le style de l’auteur est tout à fait bien mais le texte est chargé de grades descriptions très précises et presque lyriques. Pour moi, c’est ce qui a été le plus difficile à surmonter dans la lecture. Il ne faut pourtant pas s’arrêter à cet aspect! L’ambiance très puritaine du roman est aussi parfois difficile à digérer même si elle est nécessaire pour comprendre le cadre de l’histoire. On trouve également certains aspects pouvant être qualifiés de fantastiques dans le récit: l’enfant comparé souvent à un lutin ou les évocations des sorcières se rejoignant dans les bois pour y retrouver « l’Homme en noir ». Cela donnerait presque au récit des allures de légende ou de conte fantastique.

Il n’y pas de suspense par rapport à la découverte du « fautif » et complice de la faute d’Hester. Tout le roman tourne autour de la psychologie des personnages principaux: culpabilité, honte, remord, repentir, vengeance,… Le puritanisme américain de l’époque est très présent durant tout le récit. Dans cette période dure et restrictive en ce qui concerne les mœurs (surtout pour les femmes), il est intéressant de suivre le personnage d’Hester devant porter la lettre A écarlate en broderie sur ses vêtements en tant que fardeau pour rappeler à tout le monde son péché. Elle transformera finalement ce symbole de « honte » en symbole de libération, libération du puritanisme mais aussi un peu libération féminine. Elle devient un personnage fort qui se bat pour obtenir ce qu’elle veut tout en gardant une attitude digne.

Mon sentiment envers les 2 autres personnages principaux est plus ambigu. On comprend tout d’abord un peu le désir de vengeance du mari, découvrant en revenant la trahison de sa femme, envers l’homme complice. On en veut presque au pasteur de ne pas secourir Hester et de ne pas prendre sa part de responsabilité du « pêché » commun. Mais au fil de la lecture on en vient à changer de sentiments vis-à-vis de ce deux personnages.

En conclusion, un avis très partagé! Les thématiques du roman sont très intéressantes et finalement assez contemporaines par certains aspects mais le style du 19ème peut refroidir à certains moments.

Une réflexion au sujet de « Un peu de classique #1: La Lettre écarlate (Nathaniel Hawthorne) »

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